Créateurs d’entreprise, un livre à lire : L’Art de se Lancer (Guy Kawasaki)

Pour tous les créateurs en herbe, je vous conseille de lire L’art de se lancer, de Guy Kawasaki. Pas un livre révolutionnaire mais plutôt un recueil de bonnes idées et de conseils pleins de bon sens.
Juste un passage que j’ai beaucoup aimé et qui résume bien l’état d’esprit du livre. Je pense d’ailleurs que ce passage est fondamental pour expliquer ce que doit être le créateur d’entreprise, dans son discours, son attitude et sa façon d’exécuter.
Mettez-vous en vol stationnaire à 300m de hauteur.
Considérez ces 3 méthodes pour tuer :
- Le B-1B Lancer. C’est un avion de combat pour missions intercontinentales, capable de pénétrer des systèmes de défense sophistiqués. Il peut voler jusqu’à 15 000 mètres au-dessus du sol. Il coûte 200 millions de dollars.
- Les Navy Seals. Il s’agit des forces spéciales de la Marine américaine. Elles sont formées pour des opérations spéciales en territoire ennemi. Elles fournissent des capacités d’armement non-conventionnel et visent en temps réel ; elles frappent de la mer et y retournent.
- Le A-10 Warthog. C’est un avion d’attaque au sol conçu pour le support aérien des troupes. Il est simple et efficace. Il opère à basse altitude (300 mètres) et coûte 13 millions de dollars.
Si les pitchs étaient des armes, ils seraient en majorité des B-1 Lancers ou des Navy Seals. Le pitch B-1 circule dans les nuages, il y a beaucoup de mouvements de mains, des animations Power Point plaisantes, et on y utilise des termes comme « stratégique », « partenariats », « alliances », « prime au premier entrant », et « technologie brevetée ». Typiquement, le pitch est déliveré par un MBA qui a une formation de financier ou consultant.
Les techniciens, ceux qui ont des hélices sur la tête, et les ingénieurs donnent des pitchs à la Navy Seals. Ils partent dans les nuances de leur technologie et utilisent toutes sortes de sigles qu’eux seuls comprennent. Il est clair qu’ils connaissent leur technologie par le menu – et ils adoreraient vous l’expliquer.
Le B-1 pitch voit le monde de trop haut : les gens qui écoutent veulent savoir précisément ce que vous faites et pourquoi vous allez réussir. Ce ne sont pas les grands mots qui vous permettront de le montrer.
Le pitch Navy Seals vole trop bas et se focalise sur les bits, les bytes et les petites bêtes (…).
La bonne analogie pour faire le pitch de votre affaire n’est ni le B-1 Lancer (15 000 mètres d’altitude) ou les Navy Seals (au ras du sol). C’est le A-10 Warthog (300 mètres). Comme cet avion, votre pitch n’a pas besoin d’être joli – il faut juste qu’il soit efficace : au-dessus du sol, mais tactique quand même.
Faites un pitch à 300 mètres d’altitude. Dans ce cas, vous n’êtes pas au-dessus des nuages où l’air est raréfié, mais vous n’êtes pas non plus sur le sol avec un couteau entre les dents. Donnez suffisamment de détails pour prouver que vous serez à la hauteur, et ayez une vue suffisamment aérienne pour montrer que vous avez une vision.
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