Quand la Valley se moque de la Valley – ou comment la crise actuelle nous pousse à revenir aux bonnes vieilles règles du business

C’est la crise, tout le monde le sait. Et la Silicon Valley ne va pas être épargnée. Le monde magique des start-ups et du web 2.0 va peut-être sentir un dur retour à la réalité.

Mais me direz-vous, comment des boîtes qui font 0 chiffre d’affaires peuvent-elles être impactées par la récession, cela ne doit rien changer pour elles? Allons allons, pas trop de cynisme svp, nous sommes entre gens biens! Vous savez bien que c’est has been de faire du chiffre d’affaires.

Ce post de Silicon Alley Insider est vraiment très marrant, c’est assez vrai.

A titre personnel et professionnel, je suis au quotidien en contact avec deux mondes totalement différents :
– le monde du e-retail, c’est à dire la distribution en ligne, le e-commerce
– le monde des start-ups, du web 2.0, de l’innovation.

Le seul point commun entre ces deux mondes : Internet.

Pour le reste, tout les oppose ou presque. Ces deux mondes ne communiquent pas entre eux, c’est plutôt étanche. Pourtant les uns auraient tant à apprendre des autres, beaucoup d’opportunités ne sont pas exploitées.

Je constate que c’est l’approche du business qui les oppose le plus frontalement : le e-retail veut d’abord générer du cash, les start-ups veulent d’abord innover.

Le principal problème dans le web 2.0 c’est que tout le monde est parti dans un trip commun, une sorte de Woodstock permanent : partageons, innovons, tout est gratuit.

Je n’ai rien contre le web 2.0, simplement je suis un peu inquiet de voir pas mal de sociétés ne pas se préoccuper plus que ça de leur business model, c’est à dire de la façon de générer des revenus, que ce soit en vendant un produit, de la pub, en se rémunérant par des intermédiaires etc…

En d’autres termes, beaucoup cherchent à révolutionner le monde, avant de faire en sorte que leur société soit rentable. C’est exactement ce qu’a fait Google : leur système de publicité leur rapporte un montant énorme et régulier de cash, qu’ils utilisent pour développer des services ultra innovants, qui seront adoptés en masse par les internautes, et qui généreront encore plus de cash par la publicité qu’ils diffusent.

In fine, je pense que la crise actuelle n’est peut-être pas une si mauvaise chose que ça, elle peut avoir comme effet bénéfique de faire le tri entre les sociétés solides qui apportent de la valeur ajoutée, et les autres. Nous verrons ce qu’il en est dans les prochains mois.

PS : ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit. Il y a des sociétés du web 2.0 qui ont une stratégie de monétisation et pour lesquelles cela fonctionne. Je pense aussi que d’autres sont excellentes et même si elles ne génèrent pas forcément de cash, elles pourront se faire racheter par un gros acteur (le problème étant qu’il n’y a pas de place pour deux sur chaque segment).

Technorati Tags:

Related posts:

  1. Crise dans la Valley, suite : Techcrunch, Seesmic…
  2. La Silicon Valley perdrait de son pouvoir d’attraction ?
  3. Jérémie Berrebi nous dit comment il blogue chez Presse Citron
  4. Le boss de Digg, Kevin Rose, nous explique comment avoir plus de followers sur Twitter
  5. Blog : revenir à la base

Comments