La DGCCRF et les comparateurs de prix, la transparence mise en doute

La nouvelle se répand dans les médias depuis quelques jours : les comparateurs de prix ne seraient pas forcément loyaux et transparents envers les consommateurs. La DGCCRF serait en train de mener une enquête pour tirer au clair les points suivants : « apprécier la loyauté de l’information des consommateurs, l’indépendance des opérateurs vis-à-vis des sites comparés et le mode de rémunération de leurs services ».

En réalité, rien de nouveau sous le soleil, les comparateurs de prix ont pour objectif de générer du cash et mettent en avant les marchands qui ont le plus gros portefeuille. Dans le e-commerce, tout le monde sait comment ça fonctionne.

Le problème est que les consommateurs ne sont pas au courant du business model derrière l’écran. Et c’est là que la DGCCRF pourrait avoir quelque chose à redire : les comparateurs de prix abusent en quelques sorte de la crédulité des cyber acheteurs, et ce de plusieurs façons. D’abord, les consommateurs ne savent pas forcément que les sites marchands paient pour voir leurs produits figurer dans les résultats de recherche.

Deuxio, le client internet lambda est surement loin de s’imaginer que les marchands ne sont pas tous présents dans les comparateurs de prix (ou shopbots), même si les accroches marketing des uns et des autres tendent à le faire croire.

Troisième écueil : pour un produit donné, les résultats ne classent pas forcément les marchands par ordre de prix. Il faut savoir que le business model est proche de celui utilisé sur les moteurs de recherche pour les liens sponsorisés : le CPC (Coût Par Clic). En clair, ce sont des enchères. C’est l’annonceur qui est prêt à payer le CPC le plus élevé qui apparaît en premier dans la liste des résultats.

En définitive, les comparateurs de prix sont totalement dépendants des marchands, leur intérêt n’est pas d’être transparent, il est de générer un maximum de leads pour les marchands, c’est-à-dire du business.

Pour vous en rendre compte, il suffit de consulter par exemple cette page de résultats sur Kelkoo pour un appareil photo. Vous voyez que le premier résultat n’est pas du tout le moins cher. Par exemple, le marchand le moins cher sur ce produit est ATK discount. Ce site est le plus intéressant d’un point de vue cyberacheteur. Mais comme il ne semble pas disposer de budgets marketing importants, il n’apparaît pas en haut de liste. C’est Dell qui occupe cette place.

C’est donc une relation d’interdépendance qui s’est petit à petit instaurée entre les cybermarchands et les comparateurs de prix. Les premiers ont besoin de Kelkoo and co pour gagner en crédibilité auprès des consommateurs et faire connaître leurs meilleures offres. Et les comparateurs de prix ne peuvent vivre sinon en instaurant une concurrence entre les cybermarchands et en tirant parti de l’essor du e-commerce auprès du consommateur moyen. En effet, peu de sites marchands peuvent se permettre de ne pas figurer décemment dans les résultats des comparateurs de prix.

 

Qu’en est-il du côté de Twenga :

Chez Twenga, le référencement des sites est complètement gratuit. Twenga est indépendant des marchands en matière de classement sur les prix : aucun site ne peut artificiellement améliorer sa position dans les classements par prix. Aucun site ne voit sa mise en avant favorisée moyennant facturation.

Le business model de Twenga est clair : il s’appuie sur la publicité. Les sites marchands peuvent acheter des espaces publicitaires au sein des listes de résultats, comme sur Google. Le fait d’acheter de l’espace publicitaire est totalement indépendant du référencement du marchand et de l’apparition de ses produits dans les résultats de recherche. Twenga ne biaise en aucun cas la transparence sur les prix. Retrouvez d’ailleurs l’interview du boss de Twenga sur Vnunet.fr à ce sujet, intéressant.

 

Quelques articles sur le sujet :

Le Monde : La loyauté des comparateurs de prix en ligne mise en doute.

Neteco : La DGCCRF enquête sur les comparateurs de prix  

Yahoo Actualités : Les comparateurs de prix dans la ligne de mire de la répression des fraudes 

Daniel Broche : e-commerce, les comparateurs et la DGCCRF  

Mes autres posts sur le sujet sont disponibles ici : http://nclairembault.typepad.com/main/twenga/index…

 

 

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